• Steve Delcourte

Comment distinguer un mauvais choix d'un bon choix?

Mis à jour : 9 mars 2019

Un jour, je me suis levé et je me suis dit que "si je faisais de meilleurs choix, ma vie s'en porterait mieux".


Cette idée évidente au premier abord semble bien mal appliquée lorsque j'entends parler autour de moi. Mais pourquoi?

Parce que cette idée est piégée.

Tout d'abord, elle induit qu'on a fait des choix. Or, dans une grande généralité des cas, les problèmes surviennent précisément parce qu'on a décidé de ne pas choisir.

Sur l'instant, cela semble être une bonne idée. Cela évite les conflits avec l'autre car on ne lui dit pas non. Etant ainsi débarrassé de la question, on évite d'y répondre. Et c'est ainsi qu'on laisse un petit caillou dans la chaussure. On s'y accommode facilement et, en nous libérant de ce choix, on peut se focaliser sur ce qu'on préfère faire. Ce qui a pour effet d'oublier ce petit caillou.

Et un beau jour, on explose (ou on implose, c'est selon) et la réaction peut sembler disproportionnée vis-à-vis du déclencheur extérieur, anecdotique.


Donc, faire le bon choix nécessite ces 6 concepts de base :

  • Avoir conscience qu'on est face à un choix à faire

  • Mesurer l'impact du choix dans le temps et vis-à-vis de l'environnement (vraiment le mesurer)

  • Se connecter à soi par tous les sens (en pleine conscience)

  • Prendre le temps de tester son choix

  • Préparer son changement et se préparer aux résistances internes (je vous consacrerai un prochain article sur la volonté)

  • Communiquer clairement son choix aux personnes opportunes.

Avoir conscience qu'on a un choix à faire

Certaines personnes sont tellement sollicitées qu'elles ont le OUI en pilotage automatique.

- Tu peux me conduire à la danse?

OUI

- Tu ramèneras du vin, il n'y en a plus?

OUI

- Lorsque vous avez 5 minutes, passez dans mon bureau. Et ramenez-moi un café.

OUI

- On atteindra les chiffres du mois?

OUI

Si vous faites partie de ces personnes qui n'osent pas dire non (voir qui ne l'imaginent même pas), vous avez un problème. Je vous consacrerai un article tout particulier...

Si vous n'avez simplement pas conscience de toutes ces sollicitations, si c'est devenu votre quotidien ou si vous savez qu'on vous demande quelque chose mais que votre réflexe est simplement de dire OUI, alors vous avez un problème.


Cela implique que vous pensez vite. Et du coup, pris dans votre élan, le OUI vous permet de passer à la case APRES sans besoin de vous arrêter. Et c'est donc bien ce qui vous manque: le passage par la case ARRÊT ou tout du moins, ralentir le rythme afin de mieux vivre le moment présent et que l'information ne vous échappe pas.

Ensuite, il est plus simple de choisir.

Il arrive que vous ayez du mal à ralentir le rythme. En essayant, vous pouvez avoir des sensations de chaleur, vous avez l'impression que cela vous tourne sur le cœur ou vous ne trouvez tout simplement pas l'intérêt. C'est OK. Réduire le rythme nous ramène à nos émotions. Et si vous n'êtes plus habitué(e) à les ressentir, votre esprit peut avoir une tendance à l'évitement. En avoir conscience peut aider.

Et si cela vous semble encore trop difficile, la Pleine Conscience vous aidera certainement.


Le craquage total

Il arrive que nous soyons conscient du bon choix. Il serait donc naturel de faire ce choix et de ne plus avoir à y penser.

Et pourtant, il arrive souvent que notre pensée nous tiraille. Qu'elle nous hante...

J'ai décidé de ne pas manger de chips, ça me fait grossir et il n'y a aucune valeur nutritionnelle...

C'est simple, n'est-ce pas? Et pourtant, une fois ce choix pris, l'idée de manger ces chips nous revient. Jusqu'à ce que notre esprit trouve un compromis:

J'en mange juste un ou deux. Et puis, je range le paquet.

Pour finalement, après le sixième, s'écouter penser:

Bon, je peux bien me faire plaisir, j'ai bien bossé.

Nous sommes tous pareils. Mais pourquoi en est-ce ainsi? *

Lorsque nous cédons à la tentation, une partie de nous est insatisfaite d'avoir ainsi échoué. Nous pouvons même culpabiliser (pourquoi ai-je craqué, je n'ai aucune volonté, etc.)

En fait, c'est une dualité qui se joue en nous et qui lutte sans cette pour avoir le contrôle sur l'autre partie.


L'instinct et la réflexion.


L'instinct répond au bénéfice immédiat.

Salade ou hamburger?

La raison nous dirait que nous n'avons pas besoin d'ingurgiter trop de calories et donc, la salade serait idéale. Mais notre instinct réagit encore primitivement. Il n'y a pas si longtemps que nous vivons dans le "tout abondant". Jadis, nous devions ingurgiter un maximum de lipides et de glucides car on ne savait pas quand on serait à nouveau devant un burger de mammouth.

Comme l'homme vit en communauté, il s'est adapté à suivre les règles. Mais ces règles sont encore fragiles. Et nos pulsions continuent à nous chatouiller un peu chaque jour, plus ou moins souvent et plus ou moins fort...


Suivre sa réflexion demande de la volonté. Celle-ci peut augmenter si vous la conditionnez. Comment?

Comme pour un muscle, la volonté s'améliore par l'entraînement.

Comme pour un muscle, votre volonté vous lâchera si vous l'épuisez.

Ainsi, les neurosciences nous ont démontré que plus nous faisons de choix dans une journée, et plus nous risquons de céder à la tentation.


C'est rarement au lever que nous craquons sur la barre de chocolat ou le paquet de bonbons. En réalité, une étude a démontré que nous passons 25% de notre temps d'éveil à résister aux tentations. Soit 4h par jour. **


Découvrez comment booster votre volonté et dépasser vos pulsions par la pleine conscience. C'est une piste accessible, low cost et seine.

La pratique régulière d'un sport améliore aussi votre mental.

D'autres outils permettent d'adapter son mental à ses objectifs. Un bon coach est capable de mesurer votre niveau et d'adapter un programme avec une évolution progressive du niveau de difficulté afin de vous offrir des résultats dans la durée.


* The social brain: mind, language, and society in evolutionary perspective

RIM Dunbar - Annual review of Anthropology, 2003


** Everyday temptations: An experience sampling study of desire, conflict, and self-control - in Journal of Personality and Social Psychology 102(6):1318-35 · June 2012


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