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STEVE DELCOURTE, LE BLOG

Coach, formateur, hackeur de pensées

« Le cerveau n’est pas fait pour donner des résultats, il suit des directions. Si vous savez comment fonctionne votre cerveau, vous pouvez alors définir
vos propres directions. Sinon quelqu’un d’autre le fera. »
Richard Bandler

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  • Steve Delcourte

Les hommes sont comme des poules

Mis à jour : 11 juin 2019


Les hommes sont comme des poules. De grosses poules évoluées, certes. Mais des poules.


J'ai trois poules à la maison. Elles se lèvent au levé du soleil et se couchent avec lui. Elles font le tour du poulailler et du jardin de façon régulière (je le leur laisse accessible, c'est plus facile pour les observer).

Rien ne ressemble plus à l'instant présent que la veille ou encore l'avant-veille. Inlassablement, elles tournent dans le sens des aiguilles d'une montre au départ de leur abri pour finir au même endroit. Si je ne retrouve pas une poule, c'est qu'elle pond à l'endroit qui lui est approprié.


La nouvelle

Aujourd'hui, j'ai amené une nouvelle poule. Laquelle me semble très très perturbée par son arrivée sur ce nouveau territoire. Elle semble désorientée. Les autres l'ont observées sans pour autant changer de trajectoire. La tournée de mes poules est restée identique.

La nouvelle, poule brune, est restée hébétée quelques temps puis a parcouru les alentours sans prendre la peine de picorer ou de gratter la terre. Ce n'est qu'après un bref état des lieux qu'elle s'est mise à chercher machinalement de la nourriture. Toutefois, entre-coupé de moments que je qualifierais de "légère panique". Les temps sont devenus de plus en plus longs entre les moments de panique.

Trois jours plus tard, poule brune suit les trois poules noires et elle semble avoir trouvé une place appropriée au sein du groupe. Elle poursuit la même ronde, comme si elle avait toujours fait partie du groupe.


Au centre commercial

De même, j'ai observé ma mère aller dans un nouveau centre commercial. Et ce que j'ai observé m'a fasciné.

Devant l'immense parking du complexe, elle a longuement hésité avant de choisir la bonne place pour se garer. Il y avait pourtant énormément de places libres. Je lui ai alors demandé pourquoi elle avait hésité et les critères qui l'ont poussé à choisir cette place plutôt qu'une autre.

- C'est une bonne place.
- Mais il y en a plein d'autres.
- Oui, mais je cherche une "bonne" place.
- Et c'est quoi pour toi une bonne place?

Ce jour là, pour ma mère qui découvrait ce lieu, une bonne place est une place de parking pas trop éloignée d'une entrée. Avec si possible un vue sur les caméra de surveillance ("on ne sait jamais" m'a-t-elle confirmé) et un repère pour retrouver la voiture après son tour dans le centre commercial. Elle fait attention aussi à ce que le coffre soit facilement accessible.

- Dois-tu prendre beaucoup de choses?
- Non, je n'ai besoin de rien. Je viens juste faire un tour. Pour découvrir.

Elle regardait partout, un peu perdue. Et elle s'étonnait de retrouver des enseignes connues. Je me suis dit qu'elle allait chercher des lieux nouveaux. Mais pas du tout. Elle est entrée dans les magasins dont elle connaît les produits, la marque, etc. Elle a mis beaucoup de temps pour tout découvrir.


Quelque temps plus tard...

Quelques temps plus tard, nous y sommes retournés. Elle s'est garée tout près de la place de parking de la première fois. Je lui ai demandé pourquoi elle a choisi cette place. Elle m'a répondu que cette place en vaut bien une autre. Elle n'y a pas réfléchi... Elle n'y a pas réfléchi! Mais elle a suivi une direction. Presque instinctivement, elle reproduit le chemin précédemment emprunté.

Et j'ose bien croire qu'elle n'a absolument pas réfléchi. Car ce jour là, il pleuvait et un parking couvert était disponible de l'autre côté du complexe. Mais elle n'a pas pris le temps de tester ses critères. Elle s'est garée en mode réflexif.

Et toute la visite a été du même acabit.

Elle s'est déplacée inconsciemment suivant un itinéraire tracé dans son esprit. Elle suivait une direction qu'elle s'est elle-même imposée. S'arrêtant même en face de chez Exki et la voyant hésiter, je lui demande: "à quoi penses-tu?"

Ce à quoi elle me répond qu'elle se demandait si elle avait faim. Mais vu qu'il était 16h, elle n'y entrerait pas.

Incroyable, sa direction l'a conduit devant un stand alors même qu'elle n'en a aucune utilité. Et quand je lui ai demandé pourquoi elle s'y était arrêtée, elle m'a dit que c'était une habitude.

J'ai donc fait un test. Je lui ai dit que j'aimais boire un café chez Exki vers 16h. C'était convivial, surtout lorsqu'on est en bonne compagnie. Elle m'a dit que c'était une bonne idée et nous avons partagé un excellent café.

La fois d'après, nous y sommes retourné ensemble vers 15h. Et comme vous pouvez le deviner, dès que nous sommes arrivé à proximité de Exki, elle m'a proposé de prendre un café.


J'ai constaté que cela la prive aussi de voir les choses qui ont changé. Là où elle me faisait remarquer plein de petits détails lors de la première visite, elle n'a plus rien dit sur les nouvelles décorations à thème. Son esprit se focalisait sur l'image suivante qu'elle connaissait. Comme si elle cherchait ses points de reperd pour se retrouver. Seulement elle n'est pas perdue.

Il est aisé de mesurer les circuits qu'empruntent nos contemporains. C'est beaucoup moins évident lorsqu'il est question de soi.


Oui, nous sommes de grosses poules. Et s'il est évident que le fonctionnement en mode réflexif est essentiel si on ne veut pas être épuisé au bout de la journée, nous devons rester vigilants sur les directions que d'autres construisent pour nous avec notre silencieux et inconscient consentement.


Cela me fait penser à la course des rats. Vous connaissez?







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